Compte rendu d’audience :
Début février 2024, j’ai pu assister à une audience au tribunal correctionnel de Bordeaux. Une affaire très dure où un homme a frappé sa compagne alors enceinte de lui-même. Voici le compte rendu :

Compte rendu d’audience :
Il prend cinq ans de prison ferme pour avoir frappé sa compagne enceinte.
Il a porté des coups et humilié sa compagne devant sa fille, le 12 février dernier
il est jugé au tribunal correctionnel de Bordeaux. 10 jours d’ITT pour la victime.
La salle d’audience est remplie en ce lundi après-midi. Les premiers mots du
juge suffisent à éteindre les derniers chuchotements des personnes présentes
au procès. C’est une affaire de violences conjugales. Monsieur X, le 1 er Février
2024, a frappé sa compagne, plusieurs coups de poings répartis sur tout le
corps. Il l’a humilié en lui crachant au visage, lui a jeté des mégots de
cigarettes. Le tout devant les yeux de la fille de la victime âgée de 5 ans. En
concubinage depuis septembre 2023, la victime est enceinte depuis 3 mois.
Le prévenu souhaite comparaitre aujourd’hui.
Monsieur X, plâtrier de formation, prend la parole rapidement. Il ni une partie
des faits, mais reconnait en grande partie ce pour quoi il est inculpé. Le
trentenaire évoque une colère viscérale qu’il a en lui et souhaite un suivi
psychiatrique plus poussé. « Sur le coup je ne contrôle pas » ajoute-t-il.
C’est au tour de la partie civile. La victime n’est pas présente. Elle a trop peur
d’affronter son bourreau. L’avocate évoque l’importance de mener un procès
juste dans le cas de violences conjugales, que c’est un combat essentiel. A la
suite de cette prise de parole, l’avocate accable le prévenu. « Elle m’a dit qu’il
allait la tuer », déclare-t-elle. Elle demande à ce que l’homme, multirécidiviste,
laisse tranquille la victime : « elle a peur des représailles ». Mme X va avoir
recours à un IVG alors que l’enfant est voulu, cela renforce le préjudice moral
de la victime.
De plus, l’avocate demande à ce que la fille de la victime soit elle-même
considéré ainsi après ce qu’elle a pu endurée. La partie civile demande une
interdiction de rentrer en contact ainsi qu’un dédommagement de 10 000€
pour Mme X et 10 000€ pour sa fille.
« Ce dossier illustre parfaitement ce qu’il reste à faire en matière de violences
conjugales », s’indigne la procureure. Les photos de la victime couverte
d’hématomes sont montrées aux yeux de tous. Scène pesante, de nombreux
visages indignés au cœur du public. Elle rappelle : « qu’on passe à côté d’un
drame ». Le prévenu ne fait pas ça par pulsion mais parce qu’il sait qu’il peut
commettre ces sévices en toute discrétion. La procureure remet en doute le
fait que Mr X s’en veux. Elle requiert 5 ans de prison ferme, un suivi psycho
judiciaire pendant 3 ans et une interdiction de rentrer en contact avec Mme X.
La défense du prévenu souhaite réduire sa peine ainsi que le préjudice
matérielle, 1 an ferme et la mise en place d’un dispositive de bracelet
électronique, Mr X logera chez sa mère. Elle plaide la volonté du prévenu à se
réinsérer professionnellement, ce dernier avait obtenu un contrat de travail
début février.
Après avoir pris le temps de délibéré, le juge déclare le prévenu coupable de 5
ans d’emprisonnement, 3 ans de suivis socio-judiciaire, une peine d’interdiction
de rentrer en contact avec les victimes pendant 5 ans ainsi qu’une interdiction
de rentrer en Gironde. Il devra payer 13 650€ en dédommagement aux
victimes pour préjudices matériel, moral et physique.
Le prévenu, le visage ferme, inchangé depuis le début de l’audience, se voit
mettre les menottes. Il a 10 jours pour faire appel.